20 au 3 Mai: Ont-ils les yeux en face des trous ?

Publié le par Maël Garré, Antoine Alins, Maxime spagnol

20 au 3 Mai: Ont-ils les yeux en face des trous ?

Dzień dobry

«On cherche des trous des p'tis trous toujours des p'tis trous, des p'tis trous des p'tis trous toujours des p'tis trous ». Et oui, les trous rythment nos journées. Je vous parle des trous de Pics bien sur, mais vous aviez sans aucun doute compris... Deux semaines supplémentaires de prospection et pas des moindres ! Notre fin de séjour approche à grand pas alors nous redoublons d'efforts afin de repartir avec le sentiment du devoir accompli. Il nous faut donc maintenant lier travail et contemplation du paysage qui, après l'explosion des bourgeons, nous offre un sublime décor dont les nuances verdoyantes varies sans cesse. Et oui, plus de neige ! Enfin ! Retour sur ces deux dernières semaines:

Après de longues périodes de prospection, la nature nous garnit enfin de son spectacle quotidien. Ca commence à grouiller dans les breuils ! Il est maintenant temps pour nous de combiner les recherches de ces 3 derniers mois afin d'atteindre l'objectif ultime de notre travail : trouver des trous ! Car comme vous le savez tous, du moins je l'espère, nos chers amis de la famille de Picidés nichent dans des cavités, les fameux « trous », afin d'y voir naître leur progéniture. Pourquoi absolument trouver les trous ? Et bien c'est assez simple. Le Pics à dos blanc est une espèce peu commune en Europe et qui voit ses effectifs se réduire chaque saison, principale cause : la fragmentation des habitats. Le fait de trouver un nid occupé par un couple de cette espèce pendant la période de reproduction permet de nous rendre compte de la fidélité de ce couple à un territoire précis. Le comptage de nids occupés nous donne ensuite une idée de la densité d'oiseaux nicheurs sur un espace donné. Cette densité, comparée aux années précédentes, nous permet d'analyser la dynamique de la population, sa répartition ainsi que l'évolution de l'écologie de l'espèce en fonction des paramètres météorologiques. Bon, rassurez-vous, bien qu'il ne se porte pas très bien partout, le Pics à dos blancs a encore de beaux jours devant loin en Petite-Pologne où sa population augmente ces dernières années. Alors trous ou pas trous ? Les petits français ont-ils bien eu les yeux en face des trous ? Et bien... oui... un peu... enfin on fait ce que l'on peut ! Effectivement nous n'avons trouvé que deux nids de Pics à dos blancs (dont un en grande partie grâce à Pawel) mais la période la plus propice pour les trouver ne fait que commencer. Et puis nos recherches se resserrent, nombre des territoires que nous avons cartographié nous ont dévoilé quelques informations quant à la localisation de certains nids... Petite précision, un trou de Pics à dos blancs à un diamètre d'environ 8 à 9 centimètres, alors imaginez-nous chercher les nids d'un oiseau qui ne parle même pas votre langue, sur un espace vaste de 7626 hectares. Ah, c'est plus clair maintenant non ? Du coup, petit bilan intermédiaire. Attention mesdames et messieurs, voici l'annonce des derniers chiffres tout fraichement actualisés: 50 observations de Pics à dos blanc, 10 territoires répertoriés ainsi que 2 nids trouvés. L'activité de Pics ces deux prochaines semaines nous mènera sans doute à d'autres nids. Alors ne perdons pas de temps, la nature n'attend pas !

Occupant la majeure partie de notre travail, nous vous parlons bien souvent du Pics à dos blancs, mais il n'est bien sûr pas le seul à attirer notre attention. Quelques nids de Pics noirs, de Pigeons colombin, ainsi que d'autre espèces plus communes ont également été trouvés. Mais que voulez vous, vagabondants dans des hêtraies aussi imposantes que celles du Parc National de Swietokrzyskie, nous ne pouvons parfois empêcher notre esprit rêveur de prendre le pas sur la concentration qu'exige ce travail. D'autre inventaires de rapaces nocturnes ont également été réalisés, avec un peu moins de résultats que les précédents. Mais il est toujours aussi plaisant de se retrouver au bon milieux de la forêt, au clair de lune, témoin d'un spectacle dont l'obscurité replace l'homme à son rang d'animal, surpris par la portance et l'ampleur de chaque son, chaque cri troublant le silence de la nuit. Naturaliste ou pas, si vous n'avez jamais passé la porte d'une forêt en pleine nuit, je vous conseille de la franchir au plus vite et de vous rendre compte par vous-même que l'homme, dépourvu de lumières urbaines et artificielles, peut y retrouver certains de ses sens. Lui permettant de créer un lien fort avec son environnement direct, pourtant seulement constitué de formes sombres aux marges vaguement définies. Sensations garanties, à consommer sans modération !

Mais comme vous l'avez bien compris, nous sommes ici pour travailler mais également pour découvrir ce beau et méconnue pays. Nos weekends qui, normalement devraient nous permettre de recharger les batteries, sont en général bien chargés et peu reposant. Deux weekends pour deux destinations différents. Le premier de cette dernière quinzaine nous a amener non loin de Kielce, dans les grottes du Paradis, les célèbres en Pologne « Jaskinia raj ». Découverte en 1967, cette formation géologique sculptée par l'écoulement de l'eau, offre une communion sympathique entre stalactites et stalagmites. Occupée à l'époque de l'homme de Néandertal, celle qui est l'une des plus belles grottes de Pologne nous à permit de passé quelques instants au frais, pendant le weekend le plus chaud que l'on a connu ici, approchant les 25°... Wahou ! Petit passage par la vue imprenable de la pleine de Swietokryskie que nous permet de contempler le château royal de Checiny (315m d'altitude) et nous retrouverons la fraicheur de la vodka polonaise le soir venu...

Le second weekend fût bien plus intense. Nos organismes maintenant suffisamment aguerries laissent pourtant encore paraître quelques courbatures. En ce long weekend de trois jours (et oui, la fameuse fête du travail est également présente en Pologne), nous avons pris la route des Bieszszady

, massif de moyenne montagne du sud-est de la Pologne, couvrant également une partie de l'Ukraine et de la Slovaquie... L'une de nos rando', sur le sommet de Wiewka Rawka, nous à d’ailleurs permit de faire nos premiers pas dans ces deux pays frontaliers (pas plus, on se sait jamais ce qu'il pourrait arriver...). Mais également d'apprécier le panorama à 360° sur ces montagnes aux silhouettes rondes, aux variantes de couleurs jaunes et vertes, rappelant en quelques points notre cher massif central. La météo ne fût pas forcement clémente mais la convivialité et la joie de vivre des polonais nous on permit d'oublier quelque temps la pluie. C'est au gré des chants (polonais et français) et des « na zdrowie » que nous avons passé deux belles soirées montagnardes dans un bar rare en son genre, auprès d'un feu de bois central on ne peut plus fédérateur. Dur dur de rechausser le godasses le lendemain...

Ce sera tout pour ces deux dernières semaines. Comme vous l'aurez compris, le mois de mai est la période la plus importante pour notre travail, mais également notre dernier en Pologne. Je pense qu'il va passer bien vite celui-ci ! Mais bon, après quelques mois plus relax, du vrai et dense travail de terrain nous fait du bien. Alors vive les trous... de Pics... et vive le printemps !!!

do widzenia

Pic noir (Dryocopus martius)

Pic noir (Dryocopus martius)

Couple de Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos)

Couple de Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos)

Femelle de Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos)

Femelle de Pic à dos blanc (Dendrocopos leucotos)

Le château royal de Checiny

Le château royal de Checiny

 Wiewka Rawka (Vallée slovène)

Wiewka Rawka (Vallée slovène)

Eglise en bois de Smolnik

Eglise en bois de Smolnik

3 mecs dans 3 pays différents!

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