24 février au 2 mars: Enfin il se montre !!!

Publié le par Maël Garré, Antoine Alins, Maxime spagnol

24 février au 2 mars: Enfin il se montre !!!

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs bonsoir!

Déjà une semaine que nous ne nous sommes pas donnés rendez-vous.. Et quelle semaine! Nous nous étions quittés en ce lundi avec une légère frustration, le Pic à dos blanc avait décidé de nous tourner croupions. Mais ça s'était avant!

Voyant que nos efforts ne suffisaient à apercevoir le fameux Picidé, Pawel, tel une mère poule suivi des ses trois poussins, a décidé de nous réserver sa journée de mardi. Nous nous sommes donc rendus sur le mont Lysica. Une fois notre voiture stationnée sur le parking du musée du Parc, nous avons longé le chemin liant le monastère bénédictin à un cimetière russe. C'est devant ce monument, à l'image de l'empire soviétique, que Pawel décida de sortir son haut-parleur afin d'envoyer un petit coup de repasse. Pour les non-naturalistes, cette technique consiste à émettre les chants enregistrés d'une espèce d'oiseau afin d'en attirer les individus, stimulés par les appels de l'un de leur congénère. Deux, trois chants suffiront à faire rappliquer monsieur le Pic cendré, une première pour nous trois. Après avoir vérifié qu'aucun autre pic ne venait réellement grappiller son territoire, le farouche repartit dans les branchages. Et bien voilà une journée qui commence bien!! Et c'est ainsi que Pic noirs, Pic cendrés, Pics épeiche se sont laissés approchés en cette belle matinée. Mais toujours pas le tant recherché Pic à dos blanc... Bon allez, on ne se démonte pas, on casse la croûte! Comme si Pawel sentait que cette journée allait être particulière, il sorti de son baluchon deux petites gourmandises locales, un délicieux saucisson de cheval (Bodzentyn est une ville historique en ce concerne le commerce du cheval) et un pavé de viande de chevreuil séchée, aux épices. Goulus comme nous sommes, nuls restes à déclarer bien entendu... C'est le bidou rechargé que nous avons repris chemin. Quand soudain, alors que nous devinions le monastère a travers les arbres, Pawel s'arrêta, tendit l'oreille et nous fît signe de ne plus bouger. Ahahah tu est la petit filou! Un tambourinage d'une force stupéfiante retenti dans la mystique forêt de vieux hêtres. Un couple de Pic à dos blanc se trouvait bien là,s’apprêtant à préparer le cocon douillé qui verra un jour naître leur progéniture. Nous ne pouvons pas nous tromper, seul le mâle de cette espèce produit un son aussi puissant lorsqu'il frappe le bois. Cela valait bien la peine d'attendre, le futur père nous a fait grâce de sa présence pendant un bon quart d'heure, le temps d'en prendre plein le yeux! Ah que la nature est belle, cela ne nous coûte rien mais rien ne pouvait plus enjoliver notre journée..

Et pourtant celle-ci était loin d'être terminée. Une fois arrivés sur le parking du musée, Pawel nous demanda de l'attendre deux minutes. Le temps pour lui de disparaître un instant et de resurgir de l'entrée du musée avec entre ses mains, une Chouette hulotte empaillée, étrange non? "Ce soir on capture" nous dit-il! Chose promise, chose due, une fois la nuit tombée tout le monde était au rdv: Pawel, la Chouette, nous-mêmes et les quelques bières qui nous accompagneront durant cette soirée. Il est donc l'heure de mettre le dispositif en place: deux filets de 10 m de long placés parallèlement, avec entre eux un haut-parleur permettant la repasse ainsi que notre collègue du soir, la Chouette hulotte naturalisée. Une sorte de seconde vie pour elle! Après deux bonnes heures, nous avions attrapé plus de bières que de rapaces nocturnes mais c'est lors de notre dernier relevé de filet que notre première et dernière prise se manifesta. Une femelle de Chouette hulotte s'était laissée charmer par notre collègue Chouette et se retrouva prise au filet. Nous permettant de finir notre journée en beauté... Chouette relâchée, nous nous sommes aussi laissés prendre aux filets, mais de nos couettes et oreillers, une nuit bien méritée!

Les deux jours qui succéderont à cette belle journée de mardi seront ponctués de travaux au chaud, due à une météo plutôt maussade. Oh des insectes, ça fait longtemps! Et c'est reparti pour le tri des petites bêtes... Bien qu'il semble que notre productivité vienne à bout de la montagne de boîtes sous laquelle nous croulions, "oh quel dommage"! Ne parlons pas trop vite, Paulina nous réserve peut-être des surprises... Afin de ne pas nous lasser de ces magnifiques "bestioles", deux autres travaux nous ont été confié. Le premier consistait à noter les pages de vieux registres archivés, datant pour certains des années cinquante. Autant vous dire que nous avons usé de notre "subtile dextérité de mec" afin de ne pas endommager ces beaux documents, écrit pour certains de la plus fine de plumes. Le second nous a amener à compter les bourgeons floraux et végétatifs se développant sur des branches de Sapin blanc, prélevés sur différents secteurs en forêt. Mais pourquoi compter des bourgeons? Vous n'avez vraiment que ça à faire? Attendez, je vous explique.. Depuis quelques années ces résineux sont en danger par les chenilles de trois espèces de papillons de nuit, de la famille des Tortricidae , Les femelles de ces hétérocère pondent leurs œufs dans les bourgeons de cet arbre et les chenilles qui en sortent s'en nourrissent. Le principe de notre action est simple: une quinzaine de branches desquels nous avons compter les bourgeons (plus de 2000 pour certaines) ont été placé dans des boîtes hermétiques afin de laisser les chenilles se développer. Il ne nous restera donc plus qu'a compter les bourgeons encore intactes après l'émergence de ces chenilles afin de se donner une idée de l'impact de leur développement sur les boisements de Sapin blanc. Que de travaux minutieux vous ne trouvez pas? Au moins pas de place à la monotonie ici, et nous apprécions particulièrement cela. Ces différentes tâches nous permettent de découvrir une partie des acteurs du parc national ainsi que la diversité des actions qui y sont menées, tout ce que nous demandions!

Passons à la journée de vendredi, témoin d'un retour fulgurant du beau temps. Zouh! on enfile les godasses et on se casse... Traditionnelle randonnée de quinze kilomètres entre Swieta Katarzyna et Bodzentyn. Au menu du jour un Pic noir, un Pic à dos blanc et une Chouette hulotte, tous trois observés de manière très furtive. Les oiseaux commenceraient-ils à accepter notre présence? Commençons nous à affûter nos sens? Toujours est-il que l'exercice n'est vraiment pas facile, surtout quand il s'agit d'espèces peu fréquentes comme celles que nous recherchons. Se fût tout de même une vraie belle journée. Les observations étaient là et surtout, nous avions le temps de prendre le temps. Pas de rdv avec Pawel en fin de journée donc nous avons pu traînasser et observer la forêt différemment. Surtout qu'elle avait cette fois-ci définitivement quitté sont manteau blanc afin de laisser place aux tapis de mousse et aux ruisseaux dévalant le relief.

Une soirée fortement sympathique vendredi soir et nous voilà contraint à un repos forcé pour ce qui est de samedi. Les gueules de bois polonaises sont les mêmes que chez nous, et c'est pas cool! Enfin bon, nous sommes repartis d'un bon pied dimanche matin avec une balade sur un grand espace ouvert que nous avions repéré auparavant. Quelques Pie-grièches grise, Bruants jaune, Bruants proyer et un bon nombre d'espèces assez communes, ainsi qu'un groupe de Pigeons colombun. "Quoi de plus normal?" dirons certains naturalistes! Et bien figurez vous que ce colombidé est rare en Pologne en cette saison. Généralement pas encore revenus de leur migration vers nos régions françaises, ces oiseaux sont rarement visible ici avant le mois de mars. Une très bonne observation d'après Pawel! Ehehe! Un bon repas dominical, une immanquable sieste et nous sommes prêt à passer notre soirée au bowling avec Gorsia et ses amis... Un week-end bien chargé quoi!

Et bien aujourd'hui retour du mauvais temps. On s'en serait bien passé! Mais sachant que nous n'étions pas au top de notre forme ce matin, un journée tranquille se n'est pas de refus! Il nous a donc été confié le montage des pièges à phéromone qui serviront à récolter les insectes durant la belle saison. Un travail idéale pour les plus impatient! "Zeeeen, ça ne sert à rien de s'énerver, c'est pas comme ça que tu y arrivera mieux...".

Voilà donc tout! Une semaine bien riche de découvertes et de bons moments... Nous espérons que nos petites histoires vous permettent de vous divertir un instant, chez vous, au boulot, dans le bus ou... aux toilettes comme certains le font sûrement!

Ah oui, j'allai oublier! Nous vous passons le bonjour de nos nouveaux voisins les Hiboux moyen-duc. Un couple apparemment habitué des lieux a décidé de former son nid à une vingtaine de mètre de l'entrée de notre bâtiment. Se laissant approcher en toute tranquillité en pleine journée, ces deux rapaces nocturnes semblent être vraiment bien, proches de nous. Nous travaillons pour la nature, et parfois la nature nous le rend bien!

Merci à tous ceux qui nous suivent. Merci pour vos petits messages, un grand plaisir! Continuez et nous continuerons!

Do zobaczenie!

Mangez moi!

Mangez moi!

La fonte de la neige

La fonte de la neige

Toc toc il y a du monde dedans?

Toc toc il y a du monde dedans?

Une petite faim les gars ???

Une petite faim les gars ???

Ou est charlie?

Ou est charlie?

Notre nouveau voisin, le hibou moyen-duc (Asio otus)

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Commenter cet article

candaten collègue de Valérie Allins 04/03/2015 22:12

Bravo les garçons c'est super continuez à nous faire voyager avec de belles photos et vos textes plein d'humour

Bébert 04/03/2015 09:25

Les photos sont superbes !!!! gros bisous

Isa 03/03/2015 15:45

J'attendais de vos nouvelles avec impatience,vos textes sont toujours très intéressant,et vos photos Sont magnifiques,gros bisous à vous !!

garré 03/03/2015 11:21

Merci de partager avec nous toutes vos aventures, les photos sont magnifiques. Bon courage pour la suite, manue.